Le point sur les causes des cancers : du hasard, mais pas seulement

Le point sur les causes des cancers : du hasard, mais pas seulement

Suite au développement médiatique d’une étude parue le 2 janvier dans la revue Science qui stipule qu’environ deux tiers des cancers seraient liés au hasard, L’INCA (Institut National du Cancer) a publié l’article ci-dessous pour faire le point sur les causes des cancers :
« Les résultats de ces travaux mettent en regard le nombre de cellules souches se divisant dans différents types de tissus, et l’incidence des cancers touchant ces mêmes tissus : Les chercheurs y montrent que plus un tissu se renouvelle de façon importante au cours de la vie, plus il serait exposé à un cancer, d’où le fait que le cancer atteigne plutôt des organes dont les tissus ont un fort taux de division de leurs cellules souches. La majorité des cancers serait ainsi liée à des mutations aléatoires de l’ADN des cellules survenant lors des divisions cellulaires (le « hasard » mentionné dans l’étude), leur conférant alors un avantage sur les cellules normales et entraînant la prolifération cancéreuse.

Cette modélisation faisant le lien entre nombre de division cellulaire et probabilité de survenue de cancer dans un tissu donné est importante, même si elle comporte certains biais à prendre en compte en premier lieu desquels le fait qu’elle n’étudie pas le cancer de la prostate, ni celui du sein. Elle conforte toutefois les faits suivants : si le hasard semble jouer un réel rôle dans l’apparition de certains cancers, un tiers des cancers est lié à nos comportements ou à notre environnement, et 5 à 10 % des cancers résulteraient de prédispositions génétiques.

Ainsi donc 30 % à 40 % des cancers sont évitables, parce que liés à des causes aussi bien environnementales que comportementales. Il y a, par conséquent, grâce à une prévention active de la part de chacun d’entre nous, des moyens de limiter le risque de développer un cancer, en évitant notamment la consommation de tabac, d’alcool, en pratiquant une activité physique, en évitant l’obésité, l’exposition aux UV ou en se faisant vacciner contre certains virus.

Enfin cette étude rappelle qu’il convient, pour les cancers qui surviennent néanmoins, de les faire dépister le plus tôt possible. L’on sait par exemple que le cancer colorectal touche un organe, le côlon, dont les cellules souches se divisent beaucoup au cours de la vie, et est donc particulièrement fréquent, d’où la nécessité du dépistage pour tous les hommes et femmes à partir de 50 ans.

Prévention d’une part et dépistage d’autre part, restent ainsi nos meilleurs outils pour réduire le hasard autant que possible. »

Lire le résumé de l’article en anglais
Consulter l’article de l’INCA